Rédigé par Ambre Verdon
Publié le 12/06/2026
Temps de lecture : 2min

Suite à l'étude d'un cas cliente, deux leviers d'action semblent d'importance égale. Deux directions possibles pour construire son protocole et là, c'est le casse-tête.
Il faut choisir par où commencer.
Mais tout semble important ...
Et c'est terriblement difficile de choisir sans se tromper.
Ce moment-là porte un nom : la priorisation. Sans méthode pour le traverser, il conduit souvent au protocole mixte qui fait "tout". Une cotte mal taillée qui n'agira sur rien en priorité.
Une cliente consulte pour un SPM sévère : une irritabilité marquée, des tensions mammaires, et une rétention hydrique en phase lutéale.
Lors du bilan, on identifie deux pistes solides : un axe hépatique surchargé avec peu de clairance des oestrogènes, et une fatigue surrénalienne chronique, avec un cortisol de fin de journée encore élevé. Mais comment prioriser entre les deux ? Laquelle choisir en premier ?
Les deux lectures sont justes, et les deux leviers sont légitimes.
Mais si l'on soutient le foie sans soutenir les surrénales, on court-circuite la clairance en demandant au métabolisme un effort adaptatif qu’il n’est pas en mesure de fournir.
Et si l'on commence par les surrénales sans toucher au foie, les métabolites oestrogéniques continuent de circuler, entretenant le déséquilibre.
On est face à une boucle causale : les deux déséquilibres s’entretiennent. Et c’est un vrai dilemme.
La solution semblerait être de devoir faire évoluer les deux en même temps, prudemment, sans vraiment avancer sur aucun des deux fronts de manière concrète. Mais en faisant cela, le protocole s'allonge, la cliente s'impatiente, et en tant que praticien.ne, on se met à douter de sa capacité à apporter un résultat.
Ce blocage n'est pas un manque de connaissances.
Les deux analyses sont correctes.
Ce qui boque ici, c'est un manque de méthode pour hiérarchiser deux axes d’action simultanés.
La boucle causale pose précisément ce dilemme : quand aucun critère ne permet de décider laquelle des deux priorités EST la priorité. Quand les deux semblent également urgentes, également fondées, intrinsèquement liées et que le choix de l'une semble amplifier le déséquilibre de l'autre.
Si tu t’es déjà retrouvé dans cette situation, tu auras certainement eu l’un de ces trois réflexes :
Ces trois réflexes ne sont pas des erreurs de jugement. Ils sont la réponse rationnelle à un choix difficile.
Ici, la priorisation peut se résoudre en répondant à une seule question : lequel de ces deux déséquilibres est à l’origine de l'autre ?
C'est exactement ce que permet la lecture des suites causales. En retraçant l'ordre d'apparition des déséquilibres, en identifiant la manière dont les mécanismes s'enchaînent, on peut localiser le point nodal : l'endroit à partir duquel le reste se réorganise.
Dans l'exemple précédent, la question n'est pas « foie ou surrénales ? » mais : lequel de ces deux axes est en amont dans la suite causale de cette cliente spécifique ? La réponse dépend de son terrain, de son histoire, de ses marqueurs… mais pas d'un protocole théorique.
Cette lecture évite la décision hésitante et construit des protocoles fondés sur la dynamique de terrain propre à la cliente. C'est ce qui distingue une prise en charge qui avance d'un protocole qui accumule.
Savoir lire les suites causales, c’est être en mesure de dire à une cliente : "Nous commençons par là, parce que c'est là que tout prend racine."
Cette posture change deux choses en consultation :
La difficulté du choix ne disparaît pas par une accumulation de savoirs. Elle se résout par le travail d’un outil de lecture.
Apprends à construire une lecture systémique ordonnée du terrain féminin : identifier les mécanismes qui s'enchaînent, localiser le point nodal, et hiérarchiser tes conseils avec une logique causale claire.
Une méthode concrète pour sortir du protocole exhaustif et entrer dans la pratique raisonnée.