Rédigé par Ambre Verdon
Publié le 07/07/2026
Temps de lecture : 2min

Il y a un moment, dans beaucoup de parcours de praticiennes, qui ressemble à celui-ci : le dossier de la cliente est ouvert, les notes d'entretien sont prises, et pourtant rien ne se met en place. Toutes les pistes biochimiques semblent pertinentes en même temps. Aucune ne se détache clairement. Et une petite voix intérieure murmure : "je ne suis peut-être pas à la hauteur." "Je manque encore de coméptences".
Ce moment n'est pas rare. Il touche des praticiens et des praticiennes qui ont pourtant suivi des formations exigeantes, qui maîtrisent des notions fines sur la biologie fonctionnelle, les axes hormonaux, le métabolisme, la neurotransmission ou le terrain inflammatoire.
Le paradoxe est là : plus la formation initiale a été pointue, plus ce sentiment de blocage peut être déstabilisant, précisément parce qu'il ne devrait "pas arriver" à quelqu'un qui en sait autant.
Ce qui se joue dans ce moment n'est presque jamais un manque de savoir. C'est un manque de mobilisation.
La nuance est essentielle, parce qu'elle change complètement la façon dont on interprète sa propre difficulté.
Savoir que le cortisol influence la conversion périphérique des hormones thyroïdiennes, savoir que la résistance à l'insuline peut favoriser un hyperandrogénisme relatif, savoir que le ratio œstrogènes-progestérone évolue différemment selon les terrains : tout cela relève du savoir.
C'est un socle nécessaire, construit patiemment, et il n'est absolument pas à remettre en question ici.
Mais face à une cliente réelle, avec son histoire, sa temporalité, ses multiples symptômes qui s'enchevêtrent, une autre compétence entre en jeu : celle de hiérarchiser ces savoirs, d'en extraire une hypothèse de travail, de choisir un point d'entrée plutôt qu'un autre. C'est le savoir-faire.
Et c'est une compétence distincte, qui ne se développe pas par la seule accumulation de contenu théorique, aussi rigoureux soit-il.
La plupart des cursus en biologie et en physiologie féminine sont construits pour transmettre des mécanismes : comment fonctionne tel axe hormonal, quelles sont les interactions connues entre tel système et tel autre, les suites de déséquilibres théoriques...
Cette rigueur théorique est indispensable. Mais elle ne s'accompagne pas toujours d'un entraînement explicite à la démarche suivante : partir d'un ensemble de mécanismes possibles et remonter, par un raisonnement structuré, jusqu'à un point nodal pertinent pour une cliente donnée.
Cet écart entre les deux démarches (descendre du déséquilibre ou de la lésion vers le symptôme, ou remonter du symptôme vers le déséquilibre primaire et le terrain) est rarement nommé comme tel dans les parcours de formation.
Il est pourtant à l'origine d'une grande partie de la frustration ressentie au cabinet. On a l'impression d'avoir mal appris, alors que l'on a appris seulement une partie de ce dont on a besoin pour la pratique au cabinet.
Renommer cette difficulté comme un enjeu de mobilisation des connaissances plutôt que de quantité de connaissance a une conséquence concrète : elle rend le problème traitable.
On ne travaille pas un manque de méthode de la même façon qu'un manque de savoir.
Un manque de savoir se comble en lisant, en révisant, en accumulant.
Un manque de méthode se comble en s'entraînant, cas après cas, à un geste précis : celui de la hiérarchisation causale.
Cela signifie aussi que ce sentiment d'incompétence, tel qu'il est vécu par beaucoup de praticiennes, ne dit rien de la qualité de leur formation initiale ni de leur légitimité à exercer.
Il signale simplement l'endroit exact où se situe la prochaine étape de leur progression professionnelle : une étape aussi identifiable et travaillable que n'importe quelle autre notion biochimique.
C'est plutôt une bonne nouvelle !
Voici quelques questions à se poser pour mieux identifier d'où vient le problème :
Une réponse sincère face à ces questions t'aidera à choisir ton prochain axe de travail.
Ce passage du savoir au savoir-faire est précisément ce que travaille le cours sur les Suites Causales dans la pratique de la Naturopathie.
Il est construit pour aider les praticiens et praticiennes à transformer leurs connaissances biochimiques en gestes professionnels concrets et assurés au cabinet.